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30nov,2010

Posted by La redaction | 0 Comments

Réaffirmer la solidarité européenne dans la crise. Une autre politique est possible !

Les effets de la crise financière continuent de fragiliser les économies nationales européennes qui sont loin, les unes et les autres, d’être sorties des difficultés.
Les réflexes nationaux et chauvins ont – hélas !- joué à plein, et les dirigeants de chacun des pays de l’UE – particulièrement celles et ceux qui ont l’espoir fallacieux d’être à la tête des Etats les moins touchés par la crise – ont accentué leurs critiques sur la gestion des Etats membres les plus en difficulté. Pourtant, quelles que soient les critiques qui peuvent et doivent être faites sur la gestion passée de tel ou tel Etat membre, les peuples n’en sont le plus souvent guère responsables et l’heure n’est plus à la critique mais, à l’inverse, à la recherche de solutions collectives et vertueuses.
Dans cette période difficile, où les peuples ont le sentiment de payer pour l’incurie et le goût du lucre de leurs gouvernants comme de leurs élites économiques, l’Union européenne qui, par la voix de la Commission européenne devrait tracer la perspective progressiste d’une relance de l’activité en Europe, ne se fait entendre que via les Chefs d’Etat et de gouvernement et le Conseil européen pour préconiser la seule austérité pour tous en règlement des manquements de quelques-uns.
C’est à la fois moralement injuste et politiquement insoutenable pour les institutions de l’UE comme pour le gouvernement de quelques Etats membres qui, courageusement, affrontent sans en être responsables cette terrible situation.
Tout se passe comme si les dirigeants des différents pays de l’UE avaient, au plus profond d’eux-mêmes, intégré que la zone européenne est une zone économiquement et politiquement en déclin, face aux géants de l’heure (Etats-unis d’Amérique, Russie) comme face à ceux de demain (Chine, Inde, Brésil,…). Ils proposent des cures d’austérité en Europe et attendent que la reprise de l’activité économique débute dans une autre partie du monde et entraîne à nouveau la croissance dans les autres régions, y compris en Europe.
Lionel Jospin et Michel Aglietta, dans un article du quotidien Le Monde du 22 novembre 2010, expriment avec force qu’une autre politique européenne est possible, que le « déclinisme malthusien » que propose actuellement le Conseil européen est inacceptable moralement, erroné économiquement, et dangereux politiquement.
Les organisations syndicales nationales comme européennes doivent se saisir de ce débat, les partis socialistes et sociaux démocrates – dans chacun des pays européens – doivent préparer spécifiquement l’application pratique d’un tel projet à leur pays, et le prochain Conseil du Parti socialiste européen (PSE) des 2 et 3 décembre 2010 à Varsovie doit être l’amorce d’un tel débat en Europe.
La société civile européenne et les ONGs et associations multiples qui la composent doivent enfin jouer leur rôle d’entraînement, de dynamisation positive des énergies européennes, en s’appropriant les termes de ce débat, et formuler clairement des propositions européennes intelligibles et enthousiasmantes.
La Commission européenne, parce qu’elle est selon l’esprit des pères fondateurs de l’Union la « gardienne des Traités », l’instance européenne par excellence, est directement interpelée, et la capacité de ses membres à formuler une réponse positive lui rendra sa position éminente ou elle sombrera dans les poubelles de l’histoire. Que fait-elle ? Que propose-t-elle positivement pour répondre à l’attente impatiente des peuples ?
Le temps est venu enfin de rompre avec les équivoques : la croissance est difficile mais possible, cela suppose un autre partage des richesses produites en Europe plus favorable au salariat et l’engagement de toutes et tous !
C’est en tout cas la seule voie positive pour le progrès social, la concorde entre les peuples et l’approfondissement fédéral de l’Union européenne !
Action Fédéraliste « Socialisme et Liberté »

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10mai,2010

Posted by aristide | 0 Comments

Les travailleurs grecs ne doivent pas payer le sauvetage de la Grèce

L’Europe est sur le point de mobiliser 110 milliards d’euros pour aider la Grèce à continuer à faire face à ses paiements au titre du service de la dette. Ce soutien européen, qui met fin aux attaques des spéculateurs financiers, arrive fort tard et est urgent. De plus, il fait peser une charge inacceptable sur les travailleurs et leurs familles : pas moins de 16% du PIB sera prélevé sur les salaires, les emplois et les dépenses du secteur public, tandis que les taxes (régressives) seront augmentées, et tout cela pendant une période limitée de 4 ans.

Par conséquent, la Grèce va entrer dans une récession déflationniste qui durera plusieurs années. Le chômage dépassera de loin les deux chiffres. La pauvreté, qui frappait déjà 20% de la population grecque, continuera d’augmenter. Et, dans quatre ans, avec un PIB nominal qui aura considérablement chuté, la Grèce et ses citoyens devront encore faire face à une dette colossale de 140% du PIB. Entre-temps, le message sous-jacent adressé aux travailleurs européens est clair : les réductions des dépenses sociales et des salaires effectuées aujourd’hui en Grèce pourraient être les réductions de demain au Portugal et en Espagne et les réductions d’après-demain en France, Allemagne, Belgique,… La Confédération européenne des syndicats (CES) incite vivement les décideurs européens à empêcher les spéculateurs de détruire notre modèle social et à rompre avec ce type « d’ajustement structurel barbare ». Pour ce faire, les décideurs européens doivent : Elargir et augmenter sensiblement le fonds de la « balance des paiements » de la Commission afin qu’il couvre tous les Etats membres européens. Revoir les conditions liées au prêt grec et à d’autres prêts afin qu’elles ne soient plus utilisées à mauvais escient pour faire adopter le modèle de déréglementation, de libéralisation et de privatisation, mais respectent au contraire les principes de l’acquis social européen. Mobiliser les banques centrales en Europe en tant que « acheteur de dernier recours » afin de lutter contre les spéculateurs, pour qu’elles interviennent exactement de la même manière que lors qu’elles ont pris dans leur bilan des centaines de milliards de dette privée « toxique ». Suspendre l’utilisation des notations de la dette souveraine par les agences de notation dans la politique monétaire et financière, et envisager sérieusement la création d’une agence européenne de notation. Lancer une Initiative de relance européenne renforcée, avec des fonds européens, y compris une obligation commune investissant dans des programmes d’infrastructure et de réseaux de premier plan, faisant ainsi sortir la Grèce du piège de la récession et de la dépression. Selon John Monks, Secrétaire général de la CES : « La Grèce et d’autres économies en Europe ne devraient pas être poussées vers une désastreuse stratégie de sortie fiscale et sociale. Il n’est possible de sortir avec succès des stimulants budgétaires publics que par une stratégie d’entrée dans de nouveaux investissements et des emplois plus nombreux et de meilleure qualité ».

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