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24sept,2010

Posted by Arthur | Commentaires fermés

Les pièges de la rigueur: la preuve par l’Irlande

 
Le débat sur le budget européen s'enfonce confortablement dans les délices de la maîtrise des déficits. Le concours Lépine des instruments de contrôle et de discipline est ouvert: pré-examen des projets de budget nationaux par la Commission, mise en place de règles constitutionnelles, comités de sages non politiques donnant un avis neutre, raisonnable et désincarné, récompenses et bons poins pour les gouvernements les plus vertueux et amendes et mise au piquet sans dessert ni droit de vote pour les Etats récalcitrants.

 

Nous avons déjà eu l'occasion de dire combien une telle approche était insuffisante et contreproductive face à la crise que nous affrontons ensemble, ou du moins concomitamment. Sur ce sujet, qui divise fortement droite et gauche, le FMI réaffirme que la rigueur univoque est dangereuse dans la période actuelle, tandis que l'OCDE amorce un virage prudent sur sa position en faveur d'une réduction rapide des déficits.

La question posée n'est donc pas simplement celle d'un choix politique entre l'accompagnement social de la crise ou le refus de creuser une dette insoutenable. La faisabilité d'une politique de rigueur poussée est extrêmement problématique alors que la croissance, source principale de revenu des Etats, est chancelante. Une politique volontariste ne peut que l'affaiblir d'avantage. Or il se trouve qu'un Etat de la zone Euro a eu la bonne volonté de tester cette politique au bénéfice de l'information collective: l'Irlande

Lorsque la crise a éclaté au niveau mondial, nombre de pays mis en place dans l'urgence des plans de soutien de l'activité, tandis que l'Irlande, confrontée au risque des déficits, optait dès le départ pour une politique de rigueur. Près de deux années plus tard, comment l'Irlande sort elle de la politique qe l'on souhaite aujourd'hui voir adoptée par tous?

Eh bien de manière assez peu convaincante.

 

 

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10mai,2010

Posted by aristide | 0 Comments

Les travailleurs grecs ne doivent pas payer le sauvetage de la Grèce

L’Europe est sur le point de mobiliser 110 milliards d’euros pour aider la Grèce à continuer à faire face à ses paiements au titre du service de la dette. Ce soutien européen, qui met fin aux attaques des spéculateurs financiers, arrive fort tard et est urgent. De plus, il fait peser une charge inacceptable sur les travailleurs et leurs familles : pas moins de 16% du PIB sera prélevé sur les salaires, les emplois et les dépenses du secteur public, tandis que les taxes (régressives) seront augmentées, et tout cela pendant une période limitée de 4 ans.

Par conséquent, la Grèce va entrer dans une récession déflationniste qui durera plusieurs années. Le chômage dépassera de loin les deux chiffres. La pauvreté, qui frappait déjà 20% de la population grecque, continuera d’augmenter. Et, dans quatre ans, avec un PIB nominal qui aura considérablement chuté, la Grèce et ses citoyens devront encore faire face à une dette colossale de 140% du PIB. Entre-temps, le message sous-jacent adressé aux travailleurs européens est clair : les réductions des dépenses sociales et des salaires effectuées aujourd’hui en Grèce pourraient être les réductions de demain au Portugal et en Espagne et les réductions d’après-demain en France, Allemagne, Belgique,… La Confédération européenne des syndicats (CES) incite vivement les décideurs européens à empêcher les spéculateurs de détruire notre modèle social et à rompre avec ce type « d’ajustement structurel barbare ». Pour ce faire, les décideurs européens doivent : Elargir et augmenter sensiblement le fonds de la « balance des paiements » de la Commission afin qu’il couvre tous les Etats membres européens. Revoir les conditions liées au prêt grec et à d’autres prêts afin qu’elles ne soient plus utilisées à mauvais escient pour faire adopter le modèle de déréglementation, de libéralisation et de privatisation, mais respectent au contraire les principes de l’acquis social européen. Mobiliser les banques centrales en Europe en tant que « acheteur de dernier recours » afin de lutter contre les spéculateurs, pour qu’elles interviennent exactement de la même manière que lors qu’elles ont pris dans leur bilan des centaines de milliards de dette privée « toxique ». Suspendre l’utilisation des notations de la dette souveraine par les agences de notation dans la politique monétaire et financière, et envisager sérieusement la création d’une agence européenne de notation. Lancer une Initiative de relance européenne renforcée, avec des fonds européens, y compris une obligation commune investissant dans des programmes d’infrastructure et de réseaux de premier plan, faisant ainsi sortir la Grèce du piège de la récession et de la dépression. Selon John Monks, Secrétaire général de la CES : « La Grèce et d’autres économies en Europe ne devraient pas être poussées vers une désastreuse stratégie de sortie fiscale et sociale. Il n’est possible de sortir avec succès des stimulants budgétaires publics que par une stratégie d’entrée dans de nouveaux investissements et des emplois plus nombreux et de meilleure qualité ».

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