Posted by Arthur | Commentaires fermés
Contribution de la Gauche européenne à la réflexion du Mouvement européen
La Gauche européenne participe à la réflexion en cours au sein du Mouvement européen sur la redéfinition d’un consensus politique entre pro-européens. Ce bloc commun doit faire l’objet d’un rapport « l’Europe que nous voulons » sous l’égide de François Vié. Considérant que les éléments actuels du débat ne font pas leur juste place en particulier à l’harmonisation sociale de l’Europe et à l’approfondissement de la démocratie européenne, la Gauche européenne propose la contribution suivante:
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Le groupe parlementaire socialiste… au Conseil européen
On a tendance à l’oublier, mais le Conseil Européen, qui rassemble les chefs d’Etat et de gouvernement, joue dans la mécanique institutionnelle communautaire le rôle d’une sorte de Sénat fédéral, d’une deuxième chambre législative. Il ne serait donc pas totalement illogique que les gouvernements s’y rassemblent en fonction de leurs sensibilités partisanes, comme on l’observe dans les chambres hautes des Etats fonctionnant dans un cadre fédéral.
Le Parti socialiste européen est en train de pousser cette logique de manière déterminée. Souvenons-nous qu’autour des années 2000, alors que la gauche était largement majoritaire en Europe, elle n’a pas su mettre en place de projet commun. Afin de remédier à cette absence de coordination, le PSE a décidé, lors du congrès de Prague de décembre 2009 de renforcer le rôle des conférences des leaders, qui rassemblent les chefs de gouvernement et les chefs de partis socialistes et sociaux-démocrates afin d’aboutir à des décisions communes.
C’est ainsi que, la veille du Conseil européen du 16 septembre, les leaders européens ont lancé un appel pour une politique économique en faveur d’une croissance juste. A contre-courant des propositions de la droite européenne, ils ont insisté sur la nécessité de partager de manière juste les sacrifices à réaliser, de prendre en compte non seulement la position budgétaire des pays, mais également la situation de leur marché du travail, l’état des inégalités, etc… Dans la lignée du document commun PS – SPD, ils suggèrent que les Etats ayant des soldes trop positifs participent à l’effort de rééquilibrage. Ils proposent également de nouvelles sources de financement, à partir d’une taxe sur les transactions financières et de recours aux eurobonds.
Les chefs de gouvernement socialistes présents au Conseil européen (à 5, ils ne représentent plus que 65 votes sur 345 voix) ont ensuite porté ces propositions au sein du Conseil Européen. Il est intéressant de constater qu’en faisant cela, ils se comportent en fait comme un groupe parlementaire au sein du Conseil. Il reste à voir – nous le souhaitons – si l’initiative sera renouvelée ou même deviendra systématique, mais elle montre bien que la Parti socialiste européen, par touches, est en train de se constituer comme réalité politique. En liaison avec le groupe parlementaire SD, les leaders socialistes et disposant d’un agenda médiatique propre sur des campagnes comme la taxe sur les transferts de capitaux, le PSE devient une force politique à l’échelle de l’Europe.
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Liêm Hoang-Ngoc retire son nom de son rapport parlementaire
La lecture comparée des deux versions du rapport est effectivement instructive sur le vent intellectuel qui souffle aujourd'hui sur le conservatisme européen. Le texte initial considère principalement l'impasse de la réduction de dette dans une crise économique et propose un certain nombre de pistes pour consolider tout d'abord les soubassement de la richesse des pays:
La version finale du rapport par contre, telle que modifiée par la majorité conservatrice et libérale de la commission des affaires économiques et monétaires puis adoptée par le Parlement, présente comme une évidence consensuelle la nécessité de la rigueur budgétaire.
La division très nette entre droite et gauche lors du vote parlementaire montre bien que cette question n'est absolument pas consensuelle, mais constitue un point de désaccord politique fort. Liêm Hoang Ngoc a donc demandé que son nom ne soit plus attaché à un texte qui est l'exact inverse de sa pensée, ce qui est une démarche peu commune dans le petit monde communautaire.
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Le rapport Berès sur la crise financière
Pervenche Berès était rapporteur de la Commission spéciale mise en place par le Parlement européen sur la crise, et met en cause directement la gestion politique de la crise par les institutions européennes
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Rappelant que la Commission et les banques centrales n’ont pas pris la mesure de la crise à son déclenchement, continuant à tabler sur les bons fondamentaux supposés de l’économie européenne, Pervenche Berès estime que cette crise est la conséquence d’une mutation du capitalisme, qui a réduit la part des salaires et augmenté drastiquement celle des profits dans la valeur ajoutée et conduit à des comportements spéculatifs et non productifs. Cette montée en puissance de la sphère financière s’est faite sans régulation appropriée, en particulier en Europe où la Commission, en la personne des commissaires successifs au Marché intérieur, s’est constamment opposée à toute régulation et a favorisé les mécanismes d’autorégulation.






