27juin,2010
Posted by aristide | 1 Comment
Déclaration commune du PS et du SPD sur la politique économique européenne
Les partis socialistes français et allemands viennent de publier une déclaration commune sur le gouvernement économique de la zone Euro, afin de définir une position de consensus entre deux partis du couple moteur européen, qui pourraient tous deux à moyen terme se trouver simultanément aux responsabilités.
Le premier problème auquel s'attaquent les deux partis est le déséquilibre structurel interne à la zone euro. Les déficits naissent pour partie de la coexistence de pays en excédent commercial et d'autres en déficit. Ceci implique donc que les premiers (l'Allemagne) renforcent leur demande intérieure et que les seconds (la France) améliorent leur compétitivité. C'est un équilibre de la balance des paiements qui est visé au sein de la zone monétaire.
Les mesures partagées par les deux partis sont: une taxe internationale sur les capitaux, un pacte de stabilité renforcé doublé d'un "pacte des échanges extérieur" vérifiant le contenu social du commerce, un gouvernement économique européen et une agence de notation européenne indépendante et publique, une harmonisation fiscale européenne (au moins sur la base et les taux minima).
Les deux partis souhaitent également compléter l'harmonisation économique par une harmonisation sociale par le haut, avec un salaire minimum correspondant à 60% du salaire moyen dans chaque pays et un processus de convergence sociale par objectifs sur les prestations sociales et l'éducation.
La première impression qui ressort de cette déclaration est celle d'un mélange des marottes momentanées de chaque parti. Mais le mélange n'est pas contradictoire, et dessine les contours d'une véritable politique économique concertée. Les deux grands apports du texte, en particulier, sont la volonté de mettre en place des politiques coordonnées pour s'attaquer aux déséquilibres de la zone Euro et surtout le renforcement de l'idée de l'intégration sociale.
Lutter contre le dumping social et fiscal est devenu absolument nécessaire au moment où la crise aiguise les tentations de chacun pour soi. La déclaration commune met l'accent non seulement sur les questions immédiates avec les prestations sociales, mais également sur le développement d'une économie compétitive et fondée sur une certaine égalité des chances avec une insistance particulière sur le rôle de l'éducation.






